Dans la foule invisible

 Mercredi, avec South Berlin-North Berlin, je participais à un festival organisé par The English Theatre Berlin, parlant chantant allumant éteignant mes lumières sur un grand plancher noir, devant un public clairsemé.

Jeudi je profitais de mon pass d’artiste et me rendais à une longue soirée de performances. A la pause, serrée, un peu raide au milieu des autres, je reconnais assis devant moi le photographe officiel du théâtre, présent la veille lors de ma lecture.

Je le regarde, ses yeux se déplacent sur mon visage, le traversent, résolument vides, en ce qui me concerne.

Je me retourne, acceptant mon destin d’écrivain solitaire incognito. La silhouette svelte d’une jeune femme aux longs cheveux bruns entre dans mon champ droit. La voix du photographe, exactement derrière moi, s’élance et tente sa chance :

“Vous êtes … ? Je vous ai prise en photo lors de votre performance… oh il n’y a jamais assez de lumière… hier il y avait la performance d’une française (il dit “French girl”). C’était très français, très français… elle changeait les lumières et à chaque fois j’espérais qu’elle allait enfin envoyer quelque chose de potable, mais non, elle est restée dans le noir tout le temps… Mais vous auriez bien aimé. Heu si vous voulez je peux vous faire parvenir vos photos plus vite, plutôt que d’attendre que le théâtre ait le temps de s’en occuper… voilà ma carte…”

Démêler le point de vue de l’obsédé d’optique de celui du dragueur d’un soir – ou de l’amoureux transi

et continuer à parler depuis l’obscurité.  

 

 

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