Berlin Sud – Nicholas

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Il est 3 heures dans un bar qui va fermer.

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Nicholas entre vendre son journal, finir sa tournée.

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Tu dis : “Comme c’est doux à mes oreilles”. Tu nous racontes combien le mot “raton laveur” t’amuse.

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Nicholas vit probablement dans la rue, dans des endroits abandonnés.

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Tu dis que ton mot préféré est “tintamarre”, mais que le plus drôle est “chauve souris” ; une souris qui est chauve ! répètes-tu en riant.

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Nicholas parle français avec la lenteur de l’alcool ; les mots se détachent comme dans un merveilleux théâtre.

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Tu nous fais découvrir le mot “affourager”. Je sais que nous le garderons toujours, qu’il nous rappellera toujours à toi.

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Nicholas va retourner en Souabe, prendre soin d’une mère malade mais trop pauvre pour intéresser l’Etat.

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Tu dis que tu ne l’aimes pas, et qu’elle ne t’aime pas non plus.

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Nicholas nous lance “mon coeur palpite” en disparaissant dans le noir.

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Tu m’as dit que tu ne pouvais faire de la poésie que si tu l’adressais à quelqu’un.

M’écriras-tu de Souabe Nicholas ?

J’attends le jour, je veux voir le jour

où le peuple de funambules,

survivant sur les fils cassés,

cette masse d’humains si intelligents, si fins, si doux,

broyés,

invisibles,

absents des musées et des livres,

se relèvera, se révèlera.

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